Inde : Dans les palais des rois de naguère...

Publié le par Surcouf

Inde, journal de voyage (suite). GWALIOR.

Le fort de Gwalior est certainement celui qui correspond le mieux à l'idée que nous nous faisons des fastes de l'Orient. C’est un très impressionnant palais des "mille et une nuits", il a été,au temps de sa spendeur couvert de faïence bleue. Il en reste encore suffisamment pour faire de la citadelle une merveille. A l'intérieur, le site donne une idée de l’incroyable luxe et raffinement de cette culture.

Nous prenons un guide anglophone mais charmant. Un très beau garon, aux yeux de velours, impeccable dans sa chemise immaculée et son pantalon noir. L’homme est un avocat, mais il prèfère guider les touristes que plaider ( ?) Il nous fait visiter les appartement royaux, les cours de musique, de danse, dont les murs, percés de moucharabiehs, paraissent en dentelle. Une piscine souterraine était éclairée par un jeu de miroirs. Un ingénieux système "climatisait" les pièces en laissant le vent traverser des végétaux humides. Un téléphone intérieur reliait toutes les parties du palais. Des pièces secrètes étaient prévues pour que la reine puisse se replier en cas d’attaque. La chambre d'été du Maharadja est une vaste pièce à colonne ouverte sur une courette, des musiciens et des danseuses, clochettes aux pieds, venaient le réveiller chaque matin.
Nous croisons une famille de Siks en grande tenue, homme et femmes avec le poignard au côté. Ce sont des pélérins, car ce lieu est saint pour eux. Ils sont aimables et nous saluent. En sortant nous discutons avec des enfants très délurés, des petits vendeurs de cartes postales qui parlent un peu toutes les langues. Nous causons avec eux en mélangeant le français, l'anglais et l'espagnol. Leur vivacité nous éblouit. M’man, qui a une réserve secrète de bonbons, leur en refile en douce (car elle connait ma désaprobation). L'un d'eux demande un stylo pour l'école. Nous en donnons plusieurs, émerveillés par ce désir d'apprendre. Le guide nous casse la baraque en nous disant que le gamin va s'empresser d'aller les revendre. Ici on ne sait jamais si on se fait avoir ou non.
Nous reprenons la route qui passe par Agra. Quelques tronçons à quatre voies nous font paraître l’étape facile. A l’approche d’Agra nous retrouvons les bidonvilles crasseux et encombrés. Il est 13 heures, nous nous faisons conduire au « Only », où nous avons (presque) nos habitudes. En sortant, arrêt à la banque Baroda, pour changer des travellers et payer Mr P.. Des flics somnolent devant la porte, le fusil pendouillant à l’épaule. Même attente, même complications qu’à la banque d’Orcha, et seulement 400 euros, il en manque encore 200 pour payer Mr P.
Quittons Agra avec l’intention de dormir à Mathura, mais la route est belle et Griss pour une raison mystérieuse rechigne à s’arrêter à Mathura, nous imaginons qu'il a hâte de revoir sa famille et nous décidons de continuer jusqu’à Delhi...
 Le long de la route : nombreuses agglomérations très denses, superbes mosquées, motels de plus en plus nombreux, péage autoroutier, comme à la maison. Arrêt repos dans un bel établissement pour touristes. Route à quatre voies. Troupeaux de moutons sur voie rapide, dépassement par la gauche, voitures et camions à contre sens, caravane de chameaux.… Des éléphants empruntent l’autoroute pour rentrer du travail avec des gamins sur leur dos. Gigantesques statues du panthéon Indou peintes de couleurs criardes qui tiennent un peu du parc d’attraction. Plus loin, vrai Luna park avec grande roue. Juste en face, campement de fortune pour miséreux.
 
Nous demandons à Griss q'il est heureux de dormir chez lui ce soir... et c'est ainsi que nous apprenons que sa femme et ses deux enfants vivent dans un village de l'Himalaya et qu'il ne les verra pas avant des semaines. Curieux type !
 
A suivre

Publié dans obsindep

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C
un petit coucou chez toi, passe une bonne journée et un bon week end. A bientôt
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