A comme Aborigène

Publié le par Surcouf

L'AUSTRALIE DE A à Z

J'avais envie de dire des choses sur l'Australie mais pas de faire un guide touristique, ni de redire ce que tout le monde sait déjà. C'est pourquoi j'ai choisi de porter un regard décalé, plutôt critique sur ce que j'y ai vu ou vécu, ceci étant délibérement subjectif et peut-être injuste. 

L'Australie est attachante par de nombreux aspects et qu'il soit bien entendu que j'aime ce pays-continent pour toutes sortes de choses qu'on vous a déjà dites :  ses espaces infinis dont certains totalement vierges,  ses côtes sublimes,  son désert rouge et mythique, son vide sidéral,  la culture immémoriale de ses indigènes,  ses animaux incroyables,  ses perroquets par nuées bruyantes et multicolores,  ses routes sans virage,  ses habitants brut de décoffrage,  ses toilettes innombrables et toujours nickel ... mais rien n'est parfait.

Voici donc quelques petites choses qui m'ont défrisée et que j'aurais aimé lire, aussi, avant de m'y rendre.

A comme ABORIGENE

Ne comptez pas trop, en Australie, rencontrer le bon sauvage de vos fantasmes. Oui, la culture aborigène est riche, immémoriale, magique, mais... pratiquement inaccessible autrement que par la peinture actuelle (acrylique sur toile) vendue très chère. Pour le reste, pour saisir quelque chose de la culture et de la spiritualité de ces peuples, vous aurez des expos, des lectures, des guides. Malgré l'ouverture du Musée Branly qui fait la part belle aux Aborigènes d'Australie, presque aucun document français n'est édité, quelques traductions approximatives sur photocopie, parfois.

Certes on vous propose  des spectacles "culturels" où de sympathiques jeunes gens se racontent des histoires hilarantes autour d'un feu préhistorique. Ils sont censés vous initier à leur mythologie à l'aide d' effets high-tech.  Peut-être ont-ils une goutte de sang aborigène, mais pas sur... Ceci est totalement fantaisiste et très cher.

 Rencontrer les Aborigènes est difficile. Les sociétés blanche et noire semblent étanches l'un à l'autre. Vous en verrez beaucoup dans les villes de l'intérieur. Cette population représente 1/3 de l'ensemble des 500000 Aborigènes que compte l'Autralie.  Ils déambulent souvent une bouteille de vin blanc à la main,  se chamaillent, se battent parfois. Ils ont (de notre point de vue d'occidental) piètre allure : Déguenillés, sales, le regard fuyant.  Pourtant, si vous vous asseyez sur un banc dans Todd Mall à Alice Spring, vous avez de bonnes chances de voir quelque Aborigène éméché et crasseux venir vous taper des cigarettes. Il vous demandera quels est votre nom, votre pays, et vous racontera avec fierté combien de bières il ingurgite chaque jour.

Un autre tiers vit dans les "home lands".  Y entrer est interdit aux Blancs, il faut une autorisation souvent longue à obtenir. Vous pouvez rencontrer les artistes dans les ateliers où ils peignent ( souvent pour leur coopérative, parfois pour des galeries gérées par des Blancs) mais les Aborigènes ne sont pas bavards, surtout les hommes, et ceux qui parlent anglais ont un terrible accent.

Les aborigènes ne travaillent pas (au sens où nous l'entendons), Au cours des 3 mois passés en Australie (1 l'an passé et 2 cette année) nous n'avons vu que 3 ou 4 fois des Aborigènes occuper des postes. Dans les villes, ils se regroupent à l'ombre, sur les espaces verts, discutent et boivent. Le gouvernement leur sert un revenu minimum  assez confortable et supérieur à celui des Blancs, lui même très supérieur à notre r.m.i. (maigre compensation de la confiscation des terres, des déportations, des massacres, du travail forcé dans les stations de bétail...  et autres joyeusetés perpétrées jusque dans les années 60).

Dans la région de Cairns, nous avons vu des Aborigènes mieux intégrés à la société moderne que partout ailleurs, bien habillés, propres, quelques-uns travaillant, des familles se promenant sur l'esplanade ou pique-niquant comme tout le monde.

On peut se consoler en sachant que, au coeur du grand désert central, dans les Kimberley, dans la péninsule  du Cap York,  des tribus qui n'ont quasiment pas de contact avec les Blancs vivent encore pleinement leur relation à la Terre et au Dream-time.

Bref, si vous voulez "rencontrer" la culture aborigène, mieux vaut vous créer les bonnes relations ou avoir un projet précis et... apprendre le Pintupi.

Dimanche : B comme Barrière de Corail

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Publié dans L'Australie de A à Z

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B
Oui, Grenouille, je te dirai tout sur les "Aussies"
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G
Je commence à connaître bien l'Australie, grâce à toi...Et ça ne fait que commencer !
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E
Y ?facile ! y' pas d'Yppopotames ?(p.s. : merci aux autres : je sais qu'on n'est pas en Nafrique)
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E
beau pari que tu te lances & bravo pour ce A majuscule !je vais donc régulièrement venir m'asseoir sur le banc pour lire ma leçon parce que ça m'intéresse énormément, j'ai toujours autant soif d'apprendre que quand j'étais môme !je cherche déjà ce que tu traiteras en Z...si c'est subjectif, c'est normal car inévitable& enfin : oui je lis les commentaires...
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S
Z , j'ai pas encore trouvé, mais j'ai le temps, ni X , ni Y... pour le reste ça va
F
J'ai justement un copain qui s'est installé en Australie... merci de ta description! Je regrette d'avoir si peu de temps pour surfer et pour suivre les épisodes de tes récits, j'apprends plein de choses! :0101:
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S
Merci de ton petit mot, ça fait plaisir