A cent pour cent ! (4)

Publié le par Belette

Nouvelle en quelques épisodes (4)

      La vieille dame a un bon visage, elle parle à la Star en souriant avec un air de connivence. Les vieilles dames prennent souvent un air de connivence. Elles passent... la belle Marylin est habillée simple mais sexy : un jupe en jean bien moulante fendue derrière et un tee-shirt jaune avec un encolure large et béante, le tout bien étudié pour attirer les regards vers de secrètes profondeurs. Les deux femmes recherchent un banc mais tous sont occupés. Lorsqu’elles viennent dans ma direction, je me dis que c'est trop beau, et pour ne pas les décourager, je me remets à griffonner.

      La mémé, soutenue par la blonde, pose son fragile postérieur à côté de moi. La sublime créature installe le cabas et la canne puis, rejetant en arrière sa blonde chevelure que l’effort a ramené sur ces lunettes, elle jette :

    - Je vous laisse une demi-heure, Louise, profitez-en pour draguer !

   - Oh Marylin, je n’ai pas votre talent,  et les hommes de mon âge se font rares, mais sauvez-vous mon petit, j’abuse assez de votre temps.

     Marylin appelle le chien Roro et s’éloigne d'une démarche si incroyablement sensuelle que je me promets de m'y entraîner dès la fin de ma mission.

 

      Quelle aubaine que cette Louise soit venue se poser sur mon banc ! Elle doit se peler toute la journée, savoir des tonnes de choses et brûler de les raconter à n’importe qui ! Les vieux ça aiment papoter, c'est connu.

     Je continue à dessiner sans m’occuper d’elle. Elle fouille dans son cabas et en sort un quignon de pain qu’elle commence à émietter dans son giron. Je l’observe du coin de l'œil. Elle est toute menue, vêtue d’une robe bleu marine à pois blancs, elle a les cheveux teints d’un roux audacieux, presque rouge. Elle a un peu la tremblote en tripotant son pain. Elle s’occupe à nourrir les volatiles pendant un bon moment puis, le menton sur le pommeau de la canne, observe le va et vient des passants. Et moi, je m’absorbe dans ma tâche, ignorant ma voisine dont je commence à sentir le regard intéressé. Mon crayon nerveux fait naître, avec dextérité, des envolées de pigeons, des nuages en arabesques s’enroulant autour d’arbres féeriques. N’y tenant plus elle lâche :

    - Mademoiselle, c’est admirable! vous êtes sûrement étudiante aux Beaux-arts ?

    Mon ego s’épanouit sous cette double flatterie, je souris à la vieille et rencontre un regard coquin. J’y décèle une cataracte naissante qui explique qu’elle m’ait pris pour un perdreau de l’année, doublé d’un génie du dessin.   

     - C’est trop gentil à vous, chère Madame, mais je dessine sans prétention, et en plus, j’ai passé l’âge des apprentissages.

    - Mais comment ça ? on apprend à tout âge et puis aujourd’hui, les vieux les jeunes, c’est pareil ! tout le monde se ressemble. Moi, par exemple quel âge vous me donnez ?

    - Dans les soixante-dix, dis-je hypocritement

 

A suivre...

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Publié dans Fiction

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Commenter cet article
F
Allô, OB? T'as encore bouffé un com'?
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B
J'ai bien tes 2 coms à une minute d'intervalle
F
Aha, excellent! "J’y décèle une cataracte naissante qui explique qu’elle m’ait pris pour un perdreau de l’année, doublé d’un génie du dessin"<br /> <br /> Et sacrée mamie:"Les hommes de mon âge se font rares"!
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G
96 je dirais...
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B
C'est bien aussi
L
Elle les a, à tous les coups !
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E
69 : excellent chiffre !...
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