A cent pour cent ! (6)
Nouvelle en quelques épisodes (6)
Elle rit de bon cœur
- Ah ah ! les bons comptes font les bons maris !
-Très drôle... mais, d'après vous, et puisque nous parlons librement, le « missionnaire après la télé », ça représente combien ? parce que j'ai une amie, voyez-vous, qui ... enfin, dont le mari...
Elle pouffe :
- 3 pour cent !
La vieille carne ! Puis elle redevient sérieuse, presque tendre, et se penchant vers moi
- Mon petit … si vous tenez à votre homme, enfin... si votre amie tient à son homme, elle doit tout faire pour le garder … il existe des livres qui vous montrent tout ça avec des dessins... et puis, quand elle fait la cuisine, dites lui d'y mettre un peu de piment, parce que, voyez vous, le piment, ça irrigue là où il faut...
Devant mon air ébahi, elle agite sa canne et me tance :
- De mon temps toute femme sensée savait cela! Du piment rouge, mon petit, souvenez-vous! Il faut s'y mettre ! et à cent pour cent ! avant qu'il ne soit trop tard.
De quoi elle se mêle la vieille taupe ?...
- Bien sur bien sur! mais voyez-vous, de nos jours, avec la vie professionnelle c'est difficile de faire un cent pour cent !
- Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?
Je lui raconte mes efforts pour remettre les chômeurs au boulot. La dame me félicite « C’est bien ! tous ces bons à rien, faut leur botter les fesses ! ». Je lui parle du chômage, de la politique … Elle me répond sur l’occupation, elle dit qu’elle a fait de la résistance avec Gaston, et qu’encore aujourd’hui, elle sait bien reconnaître les espions, d’ailleurs en face de chez elle, il y en a un qui surveille la rue derrière ses rideaux, elle a bien compris que c’était un « dormant » au service des américains !…
Et moi, je pense : « Tu m'as fait perdre le fil, Louise, avec tes pourcentages et tes conseils culinaires, et là en plus, t’as la cafetière qui commence à chauffer et je sens qu’on s’égare … Marylin va rappliquer pour t’emmener et moi, à écouter tes délires, je n’aurai guère progressé ».
Je reprends mes griffonnages tout en disant :
- Moi ce que j’aime surtout, c’est les nus … j’aime beaucoup les nus … mais peu de gens les apprécient … on manque terriblement de spécialistes du nu … pourtant … »
- Nue ? ah oui, le dormant en face, il m’a vue nue plus d’une fois, à force de lorgner ! mais ce n’est pas grave, vous savez, on est tous faits pareils !
Je me penche vers son oreille pour articuler :
- Je parlais de spécialistes dans l’art du nu, le dessin, la peinture, la sculpture
Elle m’interrompt, joyeuse :
- J’en connais une, moi !
A suivre...