Inde, journal de voyage : Bénarès, enfin !

Publié le par Surcouf

Inde, journal de voyage (suite ) Septembre 2005
 
Griss, notre chauffeur mal embouché, ne répond plus à nos questions, il ne veut pas admettre son erreur, il est sûrement très fatigué. Nous le forçons à s’arrêter pour se reposer. Il se gare au milieu d’un champ de boue (merci Griss !) et s’en va boire un thé à la menthe. Nous restons dans la voiture à cause de la boue.
Après ça nous trouvons une sorte d’autoroute, ça roule merveilleusement mais interminablement. Nous craignons une nouvelle erreur. Il fait nuit.
 
Nous entrons dans Vanarasi par de toutes petites rues dans une obscurité totale, il n’y a pas d’éclairage urbain (panne ou absence?). La voiture peine à se faufiler entre les petits abris tous noirs. Dans la lumière des phares des silhouettes en pyjama s’activent, un type trait une bufflonne sur un fumier, des visages apparaissent dans la fumée des braseros. C’est un petit peuple très pauvre qui habite des taudis. Nous roulons au pas dans le dédale, en passant au raz des portes, les gens se rencognent pour nous laisser passer, des visages hâves aux yeux fièvreux se collent à la vitre, Griss demande trois fois son chemin.
 
Nous trouvons enfin le « S. R. S.Guest House » reservé sur les conseils du « Routard ». Il est très tard, nous ont-ils gardé les chambres ? Nico va s’enquérir. Il revient enthousiaste. C'est un couple de vieux, le gars, barbu a un tête de gourou, ils sont très sympas et accueillants. Les chambres sont tout en haut avec des escaliers interminables, mais c’est nickel ! Et il y a une terrasse qui donne sur le Gange. On se fait monter des pâtes aux légumes, du riz simple et des shapatis. Nous dormons dix heures.
 
Six heures du matin, nous sommes sur la petite terrasse sur laquelle s’ouvrent les deux chambres. Le soleil se lève sur le Gange (PHOTO)… légère brume, grande paix. Nous découvrons le paysage. Juste en bas entre le Gange et nous, il y a un petit temple à Krishna (drapeau rouge) et une sorte de terrain vague… mais pas si vague que ça, nous discernons une zone d’habitations très très pauvres, des abris de fortune (quelques bâches jaunes sur des piquets), et bien sur, entre les « tentes », les inévitables amas d’immondices.
 
A côté, au bord de l’eau, un troupeau de buffle se réveille, leur fumier occupe une large place. Des familles entières sortent des tentes, s’étirent, secouent leurs tapis et partent s’accroupir au bord du Gange, près du fumier des buffles.
 
De la petite tente jaune qui se trouve juste sous la terrasse sortent deux enfants, un homme vêtu d’un pagne blanc et une femme étonnement élégante dans son sari fushia. L’homme part avec un seau et revient avec de l’eau (est-ce l’eau du Gange ?) la femme fait une gigantesque vaisselle de récipients en fer. Les enfants (entre 3 et 5 ans) jouent autour de la tente. La plus petite fait ses besoins, son frère lui nettoie le derrière en lui versant l’eau du seau. L’homme part avec une charrette à bras, il revient avec la carriole pleine de détritus et la déverse sur de tas d’ordures le grossissant un peu plus. Il récupère quelques planches qu’il range près de la tente. La femme est partie un balai à la main(petits boulot), elle revient une heure plus tard. Elle chasse les cochons qui ont envahi le campement.
 
L’homme nous aperçoit, il nous sourit, nous salue à l’indienne en joignant les mains, nous répondons de même. Un peu plus tard, l’homme joue avec sa petite fille, sa femme et lui rient ensemble. Observer cette famille est très émouvant, ce sont des gens qui semblent heureux et parviennent à rester dignes malgré cet environnement exécrable. Les enfants sont beaux.
 
 
 
A suivre
Publicité

Publié dans obsindep

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
photo magnifique et récit très intéressant! très bien écrit en plus! sur je reviendrais! :D
Répondre
S
Merci... mon ego s'épanouit à vous lire !
P
Toujour Ok pour le moral..... tenez bon
Répondre