Inde, journal de voyage. Sérénité à Vanarasi
- Inde, Journal de voyage. (suite) Septembre 2005Nous retrouvons nos copains rickshaws et souhaitons changer des devises. Sarmar nous mène à un bureau de change (chez qui sans doute il touche une commission). En fait de bureau, il s’agit d’un gars installé au fond d’une rue couverte devant son rideau de fer baissé, tout seul derrière sa petite table, avec sa petite sacoche pleine de roupies. S’il lève son rideau, explique t-il, il paye des taxes, c’est pourquoi il s’installe sur l’espace public. Il prend nos travellers et nous empochons 30 000 roupies au su et au vu des badauds.
Nous rentrons à l’hôtel nous remettre de cette équipée puis nous faisons emmener par notre équipe de rickshaw jusqu’à un restau qui, selon le routard est aussi un œuvre de bienfaisance. Il s’appelle le « Bred of life », il est tenu par un couple Germano américain qui consacre ses gains à l’éducation des enfants des rues. On y commande des plats non épicés pour changer, et Aglaé s’offre avec délice un vrai dessert (une forêt noire!). Elle et moi y achetons aussi des foulards en soie magnifiques.
Les gens de cette ville me semblent plus souriants que partout ailleurs, ils ne regardent pas les touristes comme des martiens, ce qui est plaisant. Les touristes ne sont pas encore très nombreux, à Vanarasi nous n’en croisons qu’une dizaine en tout et pour tout. En ce qui concerne des immondices, c’est pareil qu’ailleurs et même pire au niveau des bouses, (ceux qui vont lire ce commentaire penseront que je suis complètement obsédée par la saleté et que je ne vois que ça… et ils auront raison ! parce que, depuis que je suis aux Indes, je suis devenue carrément obsessionnelle, je me lave les mains trente fois pas jour et je ne supporte pas qu’on entre dans ma chambre avec des chaussures). Cependant, il y a quelque chose dans l’ambiance de cette ville qui fait oublier le côté cracra... En fait, je me dis que les gens ont l'air heureux.
Début d’après midi, nous observons le campement sous nos fenêtres. Un troupeau de buffles placide se roule dans la boue au bord du Gange puis va se baigner. La famille de la tente jaune est absente. Des cochons investissent leur coin, entrent dans la tente. Au fleuve, un « Hare Krishna » en orange se déshabille. Une vieille femme sort d’une sorte de cube en bois qu’on avait pas remarqué, c’est sa maison, elle va au fleuve, elle aussi. Deux singes déboulent sur notre terrasse attirés par des reliefs de repas. Des corbeaux les attaquent. La vieille revient à sa niche, elle ramène de l’eau. Une autre femme arrive avec un petit garçon tout nu. Ils marchent pieds nus dans les ordures, j'en suis malade de les voir. Le petit fait caca et s’essuie avec un bout de plastique trouvé à côté de lui.
On frappe à la porte : notre changeur de ce matin demande à nous voir, il s’est trompé à notre avantage de 1800 roupies. Nico lui rend son dû… presque il lui baise les pieds. A propos de pied, celui de M’man ne s’arrange pas, A l’hôtel, on lui donne de la glace pour mettre dessus. La cheville est à géométrie variable, le matin presque normale et le soir, quand elle a marché, comme un poteau. C’est vraiment embêtant, heureusement elle reste optimiste, elle dit depuis le début :« En général je guéris vite ».
Vers cinq heures Nico et moi sortons à pied. Renée et M’man se reposent en observant de la terrasse, le va et viens du petit peuple. En bas nous retrouvons l’inévitable Sarmar. Il est contrit que M’man ne soit pas avec nous parce qu’il se fait visiblement un plaisir de l’aider à marcher.
Nous marchons avec lui le long du Gange (PHOTO), en discutant de tout et de rien. Il est heureux de se marier enfin, c’est déjà tard mais avant, l’argent manquait. Chaque matin il fait ses ablutions dans le fleuve. Il ne sait pas lire, n’a jamais été à l’école, il est d'une caste parmi les plus basses. Il demande s’il est vrai que nous mangeons les vaches et nous devons admettre que oui…il a du mal a y croire ! J'essaie d'atténuer l'effarente nouvelle en lui disant qu'elles sonr elevées pour ça et très bien nourries avant.
Nous arrivons à un petit gât surmonté d’un temple, le soir tombe. Il y a de la musique religieuse très belle, une foule nombreuse, certains se baignent, d’autres montent à bord de barques et déposent sur l’eau de petite bougies allumées et des pétales de fleurs que vendent les enfants.
Nous restons un bon moment à baigner (non, pas dans le Gange !) dans l’ambiance très sereine. Nous achetons des bougies à deux fillettes et traînons illico tous les gamins à nos basques. C’est que, remarque Sarmar en riant, Nico a payé les bougies beaucoup trop cher, comme un « business-man » !
Au dîner du soir, à l’hôtel, nous mangeons des tandooris sur la terrasse.
A suivre...
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