Inde journal de voyage : balade à Bénarès

Publié le par Surcouf

Inde, journal de voyage (suite) septembre 2005
(suite) septembre 2005
En arrivant on trouve le patron, avec son air de vieux sage, en pyjama, mais sans sa barbe. Il l'a rasée. Dommage, il avait plus d'allure. On a des choses à lui demander sur l?Inde.
Il nous fait asseoir, lui même s'installe en tailleur et met à se curer les pieds. Il mâche du bétel. Je lui demande quelle est la différence entre les adorateurs de Vishnou et les sectataires de Krishna. Il répond : « Aucune, Dieu est Dieu ».C'est beau ! Je continue mes questions en me disant que ça serait bien qu?il crache son b'tel parce que déjà, en anglais, je suis pas balèze, mais alors là ! Je comprends quand même que l'école est gratuite mais pas obligatoire et que gosses des basses castes ont autre chose à faire que d'aller à l'école. Nous le complimentons sur sa « cook-woman », la souriantejeune femme qui fait de très la bonne cuisine. Il dit qu?elle est très bien, très propre. Et il embraye tout de suite sur les musulmans qui selon lui sont des gros dégoûtants alors que les Indous sont des gens très propres pour la nourriture et sur eux-mêmes (finalement, il est pas si "sage" que ça !). On lui demande ce qu?il faut laisser à notre équipe de rickshaw pour tous les trajets qu?ils ont fait. Il dit 200 roupies ( C'est très peu, sûrement qu'il ne faut pas gâter le marché !).
 
En bas, dans la rue, la dame en sari rouge fait la cuisine, de la fumée sort de la petite tente jaune. Un groupe de Hare Krishna barbus, drapés dans l'orange et tout peinturlurés donne des concombres à une vache. Une femme ramasse la bouse des buffles avec ses mains et la porte sur l'énorme fumier. Des relents de purin montent jusqu'à notre terrasse. Un groupe d'hommes peints en rouge arrivent, trainant sur une charrette une statue (Krishna ?) entourée de feuillage. Ils tapent sur des casseroles et dansent.
La vieille femme sort de sa niche, elle aussi a changé de sari, trois sont à sécher sur le toit de la cahute.
 
L'immeuble à côté de nous est en rénovation, des types travaillent très haut sur des échafaudages en bambous. Il moulent ou sculptent le ciment frais avec une dextérité étonnante. En bas un gars déverse une charrette de détritus au milieu du campement. Des vaches arrivent et mangent dans les ordures.
 
Aglaé et M'man se font monter des plats de pâtes aux légumes. Nico et moi partons à pied déjeuner dans un restaurant proche, le Haïfa-restaurant qui fait de la cuisine du moyen-orient. Il y a là plein de jeunes israéliens en goguette.
 
Sarmar nous attend à la porte du restau. Nous souhaitons passer des messages en France, il nous emmène dans une boutique internet. J'ignorais qu'il me fallait mes identifiants. Le type me plante devant un ordinateur, je ne comprends rien à ce que je vois sur l'écran, en plus, le clavier est différent, il fait une chaleur épouvantable. J'appelle le gars mais son anglais m'est hermétique. Il veut m'aider, se colle derrière moi, le sens son haleine chargée dans mon cou, la sueur me coule dans le dos. Il insiste, me donne ses identifiants, je passe un message désepéré à un ami, puis je sors de là avec soulagement en remerciant chaleureusement. Dehors, Nico discute avec un couple de jeunes Israéliens.
 
Sur le chemin, nous conversons avec un jeune et joyeux vendeur de cartes postales à qui nous avons acheté des vues du Burning Gât (où les photos sont interdites). Il nous parle de sa ville avec enthousiasme : pas de vol, pas de violence, et des roupies grâce aux pélerins et aux touristes. Et cela confirme notre impression d'une cité (relativement)heureuse.
 
En rentrant, le tôlier sans barbe nous informe que la route de Janzi que nous devons emprunter le lendemain est coupée à cause des inondations dues au petit cyclone que nous avons essuyé dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon lui, il faut partir à 4 heures du matin pour avoir une chance d'arriver le soir. Il nous conseille de demander à un chauffeur de camion qui vient de faire la route, il nous indique où le trouver. Ça me met le moral à zéro. Nous trouvons le gars qui nous dit que c'est dur mais faisable. Nous décidons de partir le lendemain à 7heures. Je suis déçue, j'avais espéré qu'on prendrait un vol direct pour New-Delhi.
 
A suivre
 
 
 
 
 
 
 
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Publié dans obsindep

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