Inde, journal de voyage : Adieu Vanarasi

Publié le par Surcouf

Inde journal de voyage (suite). Septembre 2005
 
Nous rentrons à l'hôtel porteurs de l'inquiétante nouvelle. M’man et Aglaé nous font part de ce qu'elles ont observé tandis qu'elle mangeaient leurs pâtes aux légumes sur la terrasse : La dame de la tente jaune s’est lavé les cheveux, puis ceux de sa petite fille, elle lui a massé la tête, l’a coiffée longuement. De temps en temps elle secouait le peigne et écrasait quelque chose avec ses pieds. Puis elle a mis une belle robe à la petite. Nous admirons beaucoup la pauvre famille de la petite tente jaune, nous rêvons un moment de les aider à scolariser leur enfants mais nous ne savons comment faire, car les gens comme eux ne parlent pas un mot d’anglais et, dans ce système étrange, passer par des intermédiaires serait pour le moins hasardeux.
 
Tôt le lendemain, Nico et moi retournons au petit gât, qui est sans doute l’endroit public le plus agréable que nous ayions connu en Inde. Nous espérons voir notre "pédaleur" de rickshaw seul pour lui donner des roupies qu’il n’aura pas à partager, car il est tout en bas de l’échelle des salaires bien que ce soit lui qui fasse le plus dur.
Nous donnons un pourboire de 200 roupies au personnel de l’hôtel et 500 roupies à l’équipe de Rickshaw. M’man donne, en cachette, 200 roupies à Sarmar, son "chevalier servant" qui l’attend au bas de l’escalier. Malheureusement nous ne pourrons en faire autant pour notre "pédaleur".
 
En quittant Vanarasi, nous croisons de nombreux écoliers en uniforme, certain dans des rickshaw-autobus où un pauvre gars traine jusqu’à 8 gamins dans une cariole.
 
Nous prenons la direction d’Alahabad et avons la bonne surprise de trouver une route à quatre voies toute neuve à la circulation fluide. Dans la contrée traversée : des potagers superbes, des petites villes aux marchés exhubérents, des bidonvilles, une usine coca cola, des marécages aux nénuphars roses et blancs, de temps à autre des brassées canas sauvages rouge vifs. Le soleil brille il fait déjà très chaud.
La belle route s’arrête au bout d’une heure et sont à nouveau les cahots, les villes aux trottoirs défoncés, les tas de terre levée, les détritus, les vaches, les chiens au milieu du chemin.
 
Pour élargir la route ils ont même entaillé les villages en rabotant carrément les maisons en bordure de rue, on peut voir des pièces éventrées, des morceaux de chambre à coucher et des pans de murs. La route devient si mauvaise que notre vitesse tombe à 20km/heure. Le paysage est plat et très vert. Des gens travaillent dans les rizières, des enfants gardent des buffles.
 
A 11 heures nous arrivons à Alahabad et repassons sur le Gange. Embouteillage de Rickshaws, chars de fête rutilants. Nombreuses écoles, des instits font la classe dehors avec des enfants très nombreux assis par terre autour d’eux .
 
Prenons la direction Janzi, c’est une petite route campagnarde très défoncée mais avec moins de camions. Nous faisons un arrêt en pleine campagne pour reposer Griss et nous-mêmes. Mais rien n’est jamais désert dans ce pays : quatre gus se ramènent et nous scrutent, l’un à vélo porte un chargement de bananes. Nous leur achetons des bananes qui sont délicieuses.
 
Le long de cette route, le paysage s’améliore, les villages traversés sont plus avenants, les maisons sont en pierre, les toits en tuiles, de plus, elles comportent des petites cours intérieures où les animaux ne vont pas. Nous avons changé d’état , les paysans du Madya-Pradeh sont sensiblement plus chanceux que ceux de l’Utar-Pradeh. Les panneaux indicateurs sont souvent en deux langues Nous arrivons à Chitraakoot où nous avions prévu de dormir, de très bonne heure, et décidons de continuer jusqu’à Kujaraho.
 
Nous trouvons alors les fameuses routes dégradées par les pluies, ça tient du champ labouré et de s montagnes russes, les camions Tata prennent toute la place, nous stoppons un quart d’heure à cause d’une remorque qui a cassé son essieu, tout le chargement de tuiles est sur la route. Il y a un attroupement. Nous descendons, tout le monde nous regarde. Les indiens n’ont aucune gène à nous détailler et nous dévisager, à reluquer dans la voiture, c’est sûrement culturel.
 
Nous faisons un stop à Panna pour reposer le chauffeur qui conduit maintenant depuis 9 heures. Un atrroupement se forme instantanément. Un vieux marrant qui porte un chignon genre rasta, une barbe tressée, des colliers et un parapluie nous dit quelques mot d’anglais. Nous essayons de converser. Il souhaite se rendre à un petit templs à 5 kms de là, ça l’arrangerait qu’on l’emmène. Il monte, Griss fait la gueule. Dans la voiture M’man lui fait les yeux doux. Je fais mine de nouer les cheveux de Nico comme les siens, il rigole. La route devient infernale, en lacets elle traverse une région montagneuse plutôt belle, très boisée. Nous passons devant une reserve de tigres. Nous aurions aimé voir ça mais l’hôtel du parc est fermé.
 
Nous atteignons Kajuraho après 11 heures de tape-cul.
L’hôtel Shanti a belle allure, larges escaliers et couloirs pavés de marbres avec rambardes en fer forgé. Les chambres sont vastes et modernes. Mais rien ne marche. Les robinets fuient, le ventilo ne se règle pas et la clim est en panne chez Aglaé et M’man. On en finirait pas de réclamer. On dîne dans une salle à manger envahie par des insectes nocturnes qui tombent dans la nourriture au point qu’on abrège le repas.
 
A suivre
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Publié dans obsindep

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