Inde, journal de voyage, A ORCHA.
Inde (suite). A ORCHA, septembre 2005 Le guide nous emmène voir d’autres constructions, des vieux temples dont les murs racontent l’histoire des dieux du panthéon indien par des fresques interessantes mais très dégradées. Il nous reconte la mythologie qui est très compliquée... On se perd un peu dans les différents avatars de tous ces personnages divins, très doués pour le transformisme, et qui n'en finissent pas de renaître sous des apparences différentes y compris avec des têtes d'éléphant. Il y a des échaffaudages en bambou partout parmi lesquels il faut louvoyer. Le guide rouspète que les travaux de rénovation sont en cours depuis des années et que rien n'avance dans ce pays.
Les vieux temples accueillent des quantités de vautours, nous les voyons tourner en nuées au dessus de nous. Nous apprenons que ces pauvres oiseaux meurent comme des mouches à force de se nourrir des carcasses des bovins traités (pour accroître la production de lait) avec un certain médicament. On ne dit pas ce que ce produit fait sur les humains.
Avant de nous quitter il nous conseille un vin de fleurs local, selon lui délectable. Nous lui en commandons une bouteille que nous nous réjouissons de boire le soir en apéro.
Le palais rénové où nous dormons domine une vaste plaine arborée parsemée des ruines de vieux palais et de temples. Nous observons le chantier de rénovation qui continue juste en bas. Des familles d’intouchables, venues des villages voisins, hommes et femmes s’activent à répandre du ciment pour faire un grande dalle. Les hommes chargent la bétonnière et les femmes (toujours en sari) transportent le ciment frais sur leur tête. Les enfants jouent autour, les plus petits posés sur une couverture à proximité. Le soir venu, ils cuisinent sur de petits feux de camps et dressent un abri de toile.
Avant le dîner, Aglaé et M'man montent jusqu'à notre somptueux appartement pour siroter le fameux nectar… mais grosse déception, c’est un alcool blanc qui rappelle très vaguement le whisky. Nous vidons les verres dans le lavabo, le reste de la bouteille fait le bonheur du personnel de l’hôtel, apparemment très friand du breuvage. Nous passons une nuit de rêve dans le lit du Maharadja.
Le lendemain, nous prenons le petit déj sous les arcades de marbre (PHOTO), puis nous partons faire du shopping dans le bourg d’Orcha. Nous retrouvons notre guide qui a du faire la fête hier soir avec Griss. Il nous accompagne tandis que nous achetons des bricoles sur un joli marché.
Nous postons une dizaine de cartes à la poste d’Orcha. Nous collons les timbres avec un pot de colle (a cause de l’humidité les timbres ne sont pas encollés d’avance) sous les yeux du receveur. Il est occupé à tamponner les courriers et nous regarde par dessus ses lunettes. Nous lui cirons les pompes assez lourdement en espérant que la flatterie le retiendra de récupérer les timbres pour sa pomme et de mettre nos missives à la poubelle (d’après le "Routard", la manœuvre est fréquente).
Avant de quitter Orcha, nous passons à la banque pour changer des travellers. La directrice, une dame plantureuse et autoritaire, ne consent à nous changer que 200 euros. La chose dure trois quart d’heure, passe entre les mains de diverses personnes et produit un kilo de paperasse. Nous sommes excédés. Ce pays dont on nous dit qu’il est à la pointe de l’informatique fait tout son administratif à la main et faire attendre semble être une manière de signifier son pouvoir.
Nous prenons la route de Gwalior, qui n’est pas fameuse mais tout de même mieux que tout ce que nous avons connu précédemment.
Gwalior est une ville de business-men, une ville d’affaires, très peu touristique. Nous pensons qu’ici il sera possible de trouver les numéro des compagnies aériennes. Nous cherchons pendant 20 minutes l’hotel Tansen dans les rues sur encombrées. Des types avec chemise blanche impeccable et pli du pantalon, se pessent, attaché-case à la main. Su le trottoir, un homme complètement nu s’asperge le corps, assis dans une flaque d’eau .
L’hôtel Tansen est un établissement neuf, bien conçu et décoré avec goût, mais ne possède pas d’annuaire et même ne dispose par d’une ligne téléphonique capable d’appeler la capitale. C’est incroyable. Nous partons à la recherche d’un de ces aquarium nommé "phone-shop". Nous le trouvons, plusieurs types sont affairés. Peuvent-ils trouver des numéros sur New Delhi ? non, impossible… L’idée de ne pas quitter ce pays au jour prévu nous angoisse.
En desespoir de cause, nous retrouvons l'adresse du copain français d'un ami à nous qui habite Delhi et dont nous avons eu la lumineuse idée d'emmener les coordonnées. Il propose de faire nos confirmations, puis nous rappelle une heure plus tard à l’hôtel car nous devons, paraît-il appeler nous-même !. Nous repartons pour le phone-center et parvenons enfin à confirmer Quatar-Ailines pour le vol Aglaé et M’man.
Le soir, au restaurant du Tansen, des familles « classe moyenne » viennent dîner. Assez jeunes, elle ont beaucoup de petits enfants qui semblent faire absolument tout ce qu'ils veulent, ils courent partout dans la salle, touchent à tout et sautent sur les banquettes. Les hommes sont tous vêtus à l’européenne mais les femmes, qui se veulent actives ou modernes, ont adopté la robe indienne constituée d’une longue tunique très près du corps, d’un pantalon qui tire-bouchonne sur les chevilles et de la longue écharpe dont elles jouent avec grâce.
Dehors nous discutons avec un de ces indiens modernes sorti fumer une clope. Nous parlons de sa voiture, une Ambassador blanche bien chromée dont il est très fier. C’est la mythique voiture de l’Inde. Il nous entretient de l’industrie automobile qui ici, est florissante, et de son pays qui va de l'avant et dont il est fier.
Nous aurons au moins rencontré un Indien content de la globalisation.
A suivre
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