Alice Spring, oasis du grand désert australien

Vue aérienne d'Alice Spring
Journal de voyage AUSTRALIE(9)
Le soir, nous mangeons du chameau. C'est bon, mais nous décidons, comme pour le cheval, de ne plus consommer ce noble animal. Les chameaux ont été importés d'Afganistan au temps de la construction du chemin de fer à travers les désert. Nombre de leurs équipages sont morts de soif mais les chameaux ont survécu et sont redevenus sauvages, ils peuplent aujourd'hui le continent.
Nous discutons avec un chercheur d'opale qui nous a invité à boire un verre. Il raconte son histoire : Ses parents ont émigré d'Allemagne, lui est devenu chercheur d'opale dans le Queensland, dans sa première concession, il a d'abord fait trente trous pour rien, il était au désespoir. Juste avant d'abandonner, il décide de creuser juste au milieu, et là, il trouve le gros filon. Avec ses gains, il s'est installé dans le commerce de machines de forage, c'est moins fatigant. Aujourd'hui il est riche, il le dit simplement et sans forfanterie, il a eu de la chance. Si nous voulons, il nous emmène voir sa mine dans le Qeensland... Nous sommes tentés, d'autant que nous hésitons à continuer sur Alice Spring dont nous craignons que ce ne soit qu' une usine à touristes.
Un peu plus tard, en fumant sa clope, devant le motel, Nico parle avec notre voisin de chambre. En Australie vous n'avez aucune difficulté à engager la conversation avec les gens, surtout dans l'Outback où la rareté des voyageurs et un certain parfum d'aventure rapprochent les gens. Le gars, un urgentiste psychiatrique est d'Alice Spring. Nous lui confions nos hésitations. Il nous conseille vivement d'aller à Alice si nous voulons vraiment connaître l'Art Aborigène. C'est là que se concentrent les créations de toutes les tribus du grand désert. C'est un incontournable pour l'Art du désert. Alors on décide d'y partir le lendemain, à Alice.
Nous partons à 7 heures pour profiter de la fraîcheur, les terrils sont roses dans le levant, c'est beau. Alice est à 750 kms, avant, rien, ou presque... seulement deux de ces stations qui regroupent les services indispensables : essence, boisson, bouffe, toilettes. L'Australie a l'art de proposer le nécessaire sans le superflu, c'est quelque chose que j'ai adoré. La sécurité et confort minimal sont assurés mais pas plus. Tout est à fait l'économie de moyens, sans gâchis inutile. Par exemple, nous avons vu une portion de route transformée en piste d'atterrissage. Il a suffit de l'élargir et de la baliser. Vu le peu de trafic qu'il y a, c'est pas idiot. Pour relier les différentes stations du désert distantes de centaines voire de milliers de kms, les petites avions sont indispensables, et notamment ceux des « Flying doctors », basés à Alice Spring.
Le long de la route, dans les cent kms au nord de Cooper Bedy, c'est vraiment le cimetière des kangourous. A pieds le long de la route, on voit des ossements ou des restes plus ou moins desséchés de kangourou tous les 5mètres. C'est incroyable et vraiment triste ! ça restera mon principal reproche à ce pays que j'ai beaucoup aimé... et ça laisse imaginer la densité d'animaux qui se baladent la nuit. Et que mangent-ils dans cet endroit sans aucune végétation ?
Neuf heures de route , et quelques milliers de kangourous morts plus tard, nous arrivons à Alice Spring. la seule ville du grand désert Victoria a des airs d'oasis. D'environ 20 000 habitants, elle est coincée entre les murailles rouges de quelques élévations naturelles abruptes et et desséchées. C'est un quadrilatère quadrillé de rues à angles droits, bordées de maisons basses et légères, pas de grands immeubles. On retrouve, en arrivant les grands eucalyptus très décoratifs au tronc clair et au feuillage gris vert.
Au centre, on attend le visiteur : des hôtels, des restau, des bars, des organisateurs de circuits, des galeries d'art et des boutiques d'artisanat aborigène.
Comme dit toujours Nico : « Tant qu'à être en ville, autant être en plein centre ! »... Donc on se pointe au « Diplomat », un bel établissement qui croule sous les bougainvilliers multicolores. Il y a une piscine, chose appréciable avec cette chaleur. La chambre est chère mais Nico sait y faire, et c'est la basse saison, le touriste est rare... Il discute le coup avec le jeune type de la réception («Vous savez, les Français roulent pas sur l'or, je peux pas mettre plus de tant, mais je vais rester plusieurs nuits... ») Ce genre de truc marche presque toujours. Finalement, on a la chambre à 75 dollars/jours (environ 50 euros), un cadeau!
le soir même, nous remontons Todd street, la grande rue commerçante d'Alice, qui regorge de peintures, des boomerangs, de djijeridus, de tous les « aboriginal artefacts ». Il est clair que l'économie de la ville doit tout aux Aborigènes.
La splendeur et la variété des peintures nous éblouit !
A suivre
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