Artémisia Gentileschi, étonnant personnage
Judith décapitant Holopherne
Artémisia Gentileschi était une femme peintre renommée du début du XVIIème siècle. Si son nom a traversé l'histoire, contrairement à ceux de ses nombreuses consoeurs (Les femmes peintres n'étaient pas rares en ce temps là), c'est qu'elle a été au coeur d'un procès pour viol retentissant dont nous possèdons encore tous les actes. Son histoire a été retracée par Alexandra Lapierre dans un superbe roman : Artémisia ( Editions Robert Laffont).
Artémisia Gentileschi était une femme peintre renommée du début du XVIIème siècle. Si son nom a traversé l'histoire, contrairement à ceux de ses nombreuses consoeurs (Les femmes peintres n'étaient pas rares en ce temps là), c'est qu'elle a été au coeur d'un procès pour viol retentissant dont nous possèdons encore tous les actes. Son histoire a été retracée par Alexandra Lapierre dans un superbe roman : Artémisia ( Editions Robert Laffont). Orpheline de mère, elle est élevée par son père, le peintre Orazio Gentileschi dont elle devient l'élève dans son atelier de Rome. Les relations entre le père et la fille oscilleront toujours entre un amour fou, une grande tendresse et une haine farouche. Tel est déjà le cas vers 1611 où Artémisia, adolescente de 17 ans est quasiment cloîtrée par Orazio qui lui prête les pires turpitudes et ne supporte pas l'idée qu'elle puisse un jour, trouver un mari.
Mais dans le même temps, Orazio fait rentrer dans sa maison un jeune peintre au talent prometteur mais de mauvaise renommée: Agostino Tassi. Bien que ce dernier ait déjà eu maille à partir avec la justice pour des histoires de mœurs, Orazio lui donne sa confiance et le laisse, comble du paradoxe, donner des leçons particulières de perspective à sa fille. Tassi, coureur invétéré, convoite Artémisia. Il règne alors chez les Gentileschi, une atmosphère de concupiscence de la part d'un père qui s'en défend en projetant sur sa fille ce qu'il ressent luimême, et de la part de Tassi, le disciple de ce même père. De nos jours on parlerait d'atmosphère« incestuelle ».
Prise dans cette situation insupportable, Artémisia commence sa première œuvre: Suzanne et les vieillards, qui est une manière d'exprimer le désarroi dans lequel elle se trouve. Ce tableau montre une jeune fille sans défense convoitée par deux hommes.

Suzanne et les vieillards
L'un des deux hommes contrairement au texte de la bible que cette scène illustre n'est pas un vieillard, et on peut reconnaître les boucles brunes d'Agostino Tassi. Quant à l'autre, il ressemble fort au portrait d'Orazio qu'a réalisé Van Dick. Ce tableau, signé par Artémisia à 17 ans a sans doute permis de relâcher la tension engendrée par cette situation.
Cela n'empêchera pas Agostino Tassi de violer Artémisia (mais était-ce vraiment un viol ?). Il s'ensuivra un procès retentissant et c'est grâce à ce procès (dont les actes, interrogatoires et témoignages sont extrêmement détaillés) que l'on connaît si bien aujourd'hui, sinon les faits (qui sont contestés par Tassi) mais tout le contexte relationnel de ces trois personnages.
Tassi sera condamné à l'exil mais la peine ne sera que très partiellement exécutée. Artémisia épanchera sa soif de vepngeance et de vjolence en faisant du thème biblique d'Holopherne décapité par Judith, son sujet de prédilection. On en connaît 4 versions bien que la plus grande partie de l'œuvre d'Artémisia ait disparu. Ainsi, sous le pinceau d'Atémisia, Holopherne-Tassi n'en finit pas d'expier son crime. L'un des tableaux, son œuvre maîtresse peint en 1612 (Judith décapitant Holopherne ) a assuré sa renommée. On peut dire que la série des Judith a été pour Artémisia une manière pacifique d'en finir avec un évènement traumatisant.
Beaucoup des tableaux d' Artémisia reflètent la tourmente de sentiments qui a baigné sa jeunesse. Elle peint notamment des héroïnes bibliques dont certaines dans des stuation d'une grande violence, puis, le temps et l'art ayant fait leur oeuvre, sa peinture se diversifie et s'apaise, elle peint des allégories, des portraits tout en gardant puissance et énergie. Après le drame et le procès, Artémisia et Orazio ne se reverront pas pendant trente ans. Mais au seuil de la mort, Orazio incapable de terminer le grand œuvre que lui a confié la couronne d'Angleterre - une fresque en 9 toiles (l'allégorie de la paix et des arts sOWj la protection de la couronne d'Angleterre) - fera appel, depuis Londres, à la seule personne qu'il juge digne de prendre sa suite : sa fille.
Belette
Publicité