Inde, Carnet de route : l'accident...

Publié le par M.Pan

Ce matin, après un bon petit déj. pris dans la salle aux mille miroirs, Griss nous convoie jusqu’à la forteresse de Jaigarth. Elle se trouve à l’entrée de la ville, c’est là qu’hier nous avons croisé les éléphants (photo). La forteresse est juchée sur un promontoire, au dessus d’un petit lac où s’ébattent les éléphants que leur cornac a mené au bain, c’est un très joli spectacle. Puis, avec des gens sur leur dos, ils empruntent une rampe assez raide pour pénétrer dans la forteresse. Nous montons à pied pour découvrir les splendeurs.

 Dans l’immense cour intérieure, nous retrouvons nos semblables, les touristes, en grand nombre, des guides se proposent mais toujours en anglais, nous déclinons et suivons les commentaires du «Routard ». A l’intérieur du palais nous croisons un groupe de touristes belges. Ma Maman leur emboîte le pas, c’est sa pulsion grégaire, à moins que ce soit pour profiter gratis des commentaires en français. Justement nous sommes dans la salle où un joyeux Maharadja jouait à colin-maillard avec ses favorites. Les Belges sont émoustillés, M’man échange quelque propos grivois avec eux. Je fais semblant de pas la connaître.

La forteresse est magnifique et la vue sur la vallée, le lac et les jardins est extraordinaire. Je prends des photos car nous avons payé la taxe pour un appareil. Nico, mon époux, trouve un type qui vend des vieux exemplaires de l’Equipe, il lui promet un numéro récent pour le lendemain.

 Après ça, nous nous faisons conduire jusqu’à un restaurant du centre ville vivement conseillé par le Routard. La voiture nous laisse sur le seuil ce qui évite des trottoirs et ses mauvaises surprises. C’est une grand et beau restau fréquenté manifestement par les étrangers, nous nous attablons sous des arcades bien ventilées, des serveurs innombrables veillent à notre bien-être, un danseurs à grosses moustaches joue de la cithare en se démanchant le cou pour nous divertir. Les mets (végétariens) que l’on nous sert sont succulents… Comme quoi tout va bien pour le touriste quand il sait rester à sa place de touriste.

Mais en sortant de cet endroit de rêve M’man se fait coincer le pied sous le siège rabattable de la Toyota. Je veux croire que Nico, qui a rabattu le siège d’une main plus que ferme, n’ est que l’instrument du destin… à moins qu’il ne nourrisse quelques rancœur secrète contre sa belle-mère. Quand je dis « coincé », c’est faible, je devrais même dire « broyé », mais sur le moment on ne s’en rend pas vraiment compte, on se dit qu’elle va s’en tirer avec un gros bleu et on repart vers l’hôtel.

 Mais en chemin, le rusé Griss, nous arrête à la porte d’un magasin de confection (chez qui il doit toucher des commissions sur les ventes), on s’apprête à râler lorsqu’on s’aperçoit que le pied de M’man a doublé de volume. Du coup on descend de voiture et on ameute les gens du magasin pour avoir de la glace. Tout le personnel est aux cents coups, on envoie un gars chercher de la glace (sûrement très loin car il mettra un quart d’heure à revenir). M’m’n est installée dans l’entrée dans un fauteuil, on met une tablette sous son pied, lequel prend très mauvaise mine. Il y a au moins quinze types penchés dessus qui font la grimace en poussant des gémissements. Ils compatissent, visiblement. La glace arrive.

 L’un des gus s’autoproclame docteur, il prend les choses en main, il passe des glaçons sur la partie tuméfiée avec délicatesse et componction tout en appelant M’man « Mama » et en lui roulant des yeux d’épagneul.

Comme elle est en bonne main et que la chose risque de durer longtemps, Aglaé et moi, on en profite pour visiter le magasin. On fait des emplettes. Elle achète des coussins, moi des robes indiennes. En sortant il y a foule pour soutenir le moral de la blessée, elle et le « docteur » ont tissé des liens, mais les meilleures choses ont une fin, il nous faut l’arracher à ses nouveaux amis. Le docteur serre Mm’an dans ses bras une dernière fois. Bien sur, si on avait su, à ce moment là, que le petit bobo durerait deux mois et nécessiterait trois ponctions, on aurait moins rigolé… on est pas des monstres quand même ! Du coup M’man ne pourra plus se chausser le pied droit, et elle fera l’Inde en pantoufles, ce qui pourrait mériter un inscription dans le Guiness.

   (à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans obsindep

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P
Comment va le moral????je viens de lire un article de journal et de voir une conférence de psycho qui parle du syndrome des occidentaux en indes, il parait qu'ils reviennent dépréssifs ou qu'ils pètent les plombs et ne veulent plus rentrer.... prends des omégas 3 et repose toi bien.........
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M
Merci mais je suis rentrée depuis 2 mois. J'avoue que cela a été très dur... et mon récit ne fait que commencer ! Il faut avoir les nerfs solides et être en bonne santé... Et un conseil : éviter d'emmener sa grand mère et de voyager en voiture (en bulldozer, éventuellement )