I comme Inconséquent

Publié le par Surcouf

   Terre rouge et lacs salés
 L'Australie, en moins de 2 siècles a infligé à son territoire à peu près tous les outrages dont la société moderne est capable, une sorte de catalogue (y compris les nuages radioactifs qui se sont balladés n'importe où). Cette terre  aux climats extrêmes et aux déserts immenses est le continent le plus sec et l'un des plus fragiles du monde.
Le fait d'être un isolat depuis 130 000 ans a fait que sa faune, sa flore et aussi ses habitants (les Aborigènes qui l'habitent depuis le temps du continent Gondwana, c'est à dire avant la séparation des continents) étaient particulièrement vulnérables. Il aurait fallu du doigté, des précautions, de la douceur pour cet incroyable reliquat de la préhistoire. Mais quand le Capitaine Philipp plante l'Union Jack sur le sol australien en 1877, il déclare "ouverte" cette "Terra nullius" (la terre de personne). Et ce sont des forçats que l'Angleterre envoie pour la coloniser.
    Outre les massacres fréquents (légaux en Tasmanie)et la déportation de ses premiers habitants (dont j'ai déjà parlé) le plus grand crime envers cette terre a été l'attribution d'immenses territoires aux éleveurs de bovins et d'ovins. Si, dans la bande côtière du sud et de l'est le climat relativement humide s'y prête, dans le centre rouge l'arrivée des boeufs, des zébus, des chameaux (amenés pour construire la voie ferrée), des chevaux redevenus sauvages a eu vite fait de polluer les précieux points d'eau (ce qui a été fatal à beaucoup d'Aborigènes)
    Dans les zônes céréalières ou viticoles on a pompé dans les rivières et dans les lacs sans restriction. Quand on traverse la "wheat-belt", autour de Perth et pour ne citer qu'elle, on voit nombre de lacs, autrefois d'eau douce faiblement salée, pratiquement à sec qui laissent place à des étendues de terre salée et stérile. Jusqu'à une période très récente, jamais les Australiens ne se sont soucié de la ressource "eau".
    Pour ce qui est des animaux, c'est le pays des grands massacres, en effet, les chevaux, chameaux, livrés à eux-mêmes redevenus sauvages se sont multipliés (au grand dam des éleveurs de bétail) et ont du être "régulés" (joli mot pour dire les tueries à grande échelle) Mais la faune native aussi est mal vue, elle aussi gène les éleveurs. J'ai parlé des dingos qui, croisés avec les chiens font l'objet de campagnes d'empoisonnement, mais les kangourous aussi sont tués en grand nombre, encore actuellement, et si ça continue, malgré leur nombre il faudra en faire un espèce protègée.
Ce pays connaît une sècheresse terrible depuis 5 ans, se forêts sont en feu... la rançon d'un exploitation outrancière tout autant que du réchauffement.
Inconséquents, oui les Australiens l'ont été jusqu'à une période récente et même aujourd'hui on peut s'étonner que ce pays tellement sec ait refusé de signer le protocole de Kyoto... La leçon a du mal à rentrer. Sans doute faudra t-il encore plus de forêt brûlées, une agriculture ruinée (peut-être disparue !), plus de terre désertifiées... pour que l'Australien prenne conscience que cette terre n'est pas inépuisable.
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Publié dans L'Australie de A à Z

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F
Excuse-moi de ne pas avoir répondu tout de suite, mais en fait j'avais perdu le nom de ton article et ne savais plus où il était, et comme j'ai peu de temps pour surfer… enfin en farfouillant, ça y est!En fait j'aimerais bien en savoir un peu plus là-dessus mais je ne connais guère de choses à ce sujet. Je risque de te paraître bien béotienne! J'ai juste entendu parler d'une expérience d'une femme occidentale qui avait essayé de vivre avec les aborigènes… leur connaissance des plantes et des animaux dans un univers assez hostile et leur respect de leur environnement (dimension du sacré)…
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F
En fait j'ai moi aussi une image assez noire de la mentalité  australienne, et je n'aime pas spécialement avoir des a-priori, parce que moi je n'y suis pas allée! Images nées de je ne sais quels souvenirs de lectures, de films, ou de documentaires, c'est flou… Ça fait un drôle d'écho en moi, voilà.Comme tu dis, il y a aussi les fanas.Il doit y avoir beaucoup de contrastes, là-bas…
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F
Tes articles sont passionnants, même s'ils ont une vision assez pessimiste de l'esprit des australiens non aborigènes.As-tu déjà écrit une note au sujet de ton projet sur la peinture aborigène? Je serais très intéressée…
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S
J'ai effectivement un projet concernant la peinture aborigène mais qui n'est pas facile à monter. J'ai beaucoup lu pour comprendre ce que j'avais vu ou cru déceler dans leur ar, notamment des processus d'intégration des difficultés qui font que ce peuple a survécu à tout et qui nous seraient bien utiles aujourd'hui. C'est un champ immense et tellement étranger à notre mentalité que cela demande un lâcher prise dont je ne suis pas toujours capable.  Ce qui m'interesse c'est de retrouver quelque chose du fonctionnement initial de l'esprit humain qui doit être encore au fond de nous mais que notre culture étouffe.  <br /> Si vraiment cela t'interesse d'échanger là-dessus je le ferai volontiers par mail.
B
Moi qui avait pour toute vision de l'Australie "Crocodile Dundie II", me voici un peu mieux renseignée. Merci Belette.
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S
Bonjour Bellelurette, ça faisait longtemps... je ne voudrais quand même pas casser tous les rêves! C'est une terre de pionniers avec toutes les violences que ça suppose  mais aussi cette ouverture aux initiatives et aux gens qui n'existe plus dans notre Europe corsetée. Comme je l'écrivais en préambule, il y a quand même des choses sympas la-bas.
E
il y a eu 1 époque je crois durant laquelle les lapins ont ravagé 1 sacrée partie du territoire ?
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S
Tout à fait,  ils ont aussi été importés aussi et il a fallu zigouiller à tour de bras. Le peu de cas que fait l'Australie de la souffrance animale est insupportable. Je crois que c'est la raison essentielle de ma hargne, je leur en veux de m'avoir déçu ! La sensibilité n'est pas leur qualité première, d'ailleurs Ils se qualifient eux-même de "rough".