A ceux qui achètent (encore) de la "Perche du Nil"

Publié le par Surcouf

 

     BON APPETIT !

Chaque semaine au rayon poissonnerie de mon magasin Auchan  des pubs annoncent : Perche du Nil : 8,50 euros le kg... imbattable ! Et pourtant, si les consommateurs savaient à quel point  cette denrée est liée à la misère noire des populations du Lac Victoria, ça leur couperait l'appétit. Il y a donc encore des gens qui n'ont jamais vu le reportage " Le cauchemar de Darwin" d'Hubert Sauper. Pour ceux -ci, voici l'histoire :

     Le sujet n'est pas gai, cela se passe en Tanzanie et ça commence par une catastrophe écologique : dans les eaux du lac Victoria, autrefois très poissonneuses d'une grande variété d'espèces, un plaisantin a, un jour, lâché une perche. Je ne sais si cette variété existe chez nous, mais cette perche là, la « perche du Nil » est une espèvce de monstre, qui doit peser des dizaines de kgs et qui dévore tout ce qui bouge, y compris, parfois, ses propres alevins !... Résultat : dans les eaux du lac Victoria, qui autrefois faisaient vivre tous les villages de ses rives, il ne reste que ces énormes prédateurs.
    L'économie locale en est évidemment bouleversée, mais certains ont su en tirer parti. Et c'est là que les européens entrent en scène : Ils montent une usine de traitement de la perche, un truc moderne aseptisé où des employés en blouse immaculée, charlotte sur la tête, lèvent des filets de poissons sur une chaîne de découpe dernier cri.
    Des avions cargos atterrissent à un rythme effréné et emportent vers l'Europe des chargement de perches du Nil superbement emballées.
     Ce commerce avec l'Europe a fait que le prix de la perche (désormais seul poisson du lac), qu'elle est devenue inaccessible aux populations locales. Tout part à l'exportation, pour le plus grand profit de quelques responsables locaux et des sociétés européennes.
      L'auteur du reportage a ensuite suivi le camion qui emporte les déchets (les arêtes, la tête et la peau), et où va t-il ce vieux camion rouillé et crasseux ? Il va benner ces détritus sans aucune précautions d'hygiène et à même le sol, dans un village. Les gens affamés font sécher ces arêtes grouillantes d'asticots sur des claies puis les consomment frites, s'empoisonnant lentement, et développant toutes sortes de maux. Cette séquence, gros plan sur des déchets pourris, est une horreur.
 
   La caméra s'attarde souvent sur l'environnement de ces « exemplaires » pêcheries tanzaniennes, recueille les confidences de gens ravagés par l'extrême dénuement, la maladie. On découvre une société totalement destabilisée. Des hommes venus de l'intérieur du pays se font pêcheurs au service du seul employeur local. Ils vivent en communautés, sans leur famille mais avec des prostituées, véhiculant ainsi le sida. Les femmes sans ressources se prostituent auprès des pêcheurs, ou auprès des blancs qui gravitent autour de l'activité des pêcheries.
    Des bandes d'enfants orphelins, abandonnés, estropiés, tentent de survivre dans les rues.
   Dans le même temps, des hommes d'affaires et des responsables européens serrent des mains et se félicitent du dynamisme de l'économie locale et de la qualité des produits.
 
      Mais ce n'est pas tout.
 
    le reporter s'attarde auprès d'un équipage d'avion cargo russe dont les membres sont des habitués des navettes avec l'Afrique. Et l'on apprend que chaque fois qu'un cargo atterrit pour embarquer du poisson il en profite pour débarquer des caisses d'armes de façon illicite mais tolérée. Cela servira à réprimer quelque population gênante ou récalcitrante.
    On comprend aussi que cette pratique concerne de nombreuses denrées alimentaires qui proviennent de l'Afrique. Quoi de mieux pour amortir un transport ?
    Un pilote russe, taraudé par sa conscience conclut tristement : A Noël dernier, les enfants d'Europe ont pu manger des raisins d'Afrique du Sud que nous avons transportés, mais les enfants de l'Angola ont reçu des kalachnikoffs que nous avions débarquées...
      
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Publié dans obsindep

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P
Chez nous aussi il y a des cas d'introduction d'animaux qui on chassé les autres ,le silure ,l'ecrevisse americaine,la tortue de floride etc;etc;
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S
Certes, mais pour l'instant nous ne nous nourrissons pas de têtes de poissons pourries
G
Sauf que j'ai lu que les produits équitables ne sont pas au-dessus de tout soupçon. Ceux de Max Havelaar entre autres qui sont justement vendus dans les supermarchés. Il paraîtrait que les paysans ne sont pas mieux payés que les autres, ou alors la différence est de l'ordre du centime. La différence de prix va dans la poche de Max et des supermarchés. J'ai entendu dire aussi (sur le blog "psychanalyse et animaux") que les chinois fabriquaient des tas de choses avec de la vraie fourrure (des pantoufles, des porte-clés, des tas d'accessoires) en la faisant passer pour de la fourrure synthétique, parce que là-bas, les pauvres font de l'élevage et que ça coûte rien (les animaux sont particulièrement mal traités et souvent on leur enlève la fourrure vivants !). Il y a des vidéos là-dessus, mais je n'ai jamais eu le courage de les regarder jusqu'au bout. C'est effroyable. Et on peut constater que plus les hommes ont une condition misérable, plus ils sont cruels avec les animaux.
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S
Pauvre consommateur, responsable mais pas coupable!  Achtons sur les marchés paysans, directement au producteur, et bye bye Auchan et Intermarché... na !<br /> Moi non plus je n'ai jamais eu le courage de regarder ces video, d'ailleurs à quoi bon, on sait ce qu'on doit savoir et ce qu'on doit éviter. Pour ce qui est de la fourrure synthétique, il vaudrait mieux s'en passer aussi, ça entretient le goût de la fourrure, ce truc de rombière complètement ringard
B
Il n\\\'y a aucun espoir pour cette planète. Hélas, nous avons atteint un point de non retour. Nous, êtres humains, soi-disants la couronne de la création, nous l\\\'avons empoisonnée. Nous n\\\'avons rien compris. Nous nous sommes éloignés de la vraie nature et même si tous les écolos de la terre faisaient entendre leurs voix, il est trop tard. Il faut se rendre à l\\\'évidence.Je ne pleure pas. C\\\'est un constat.Tout ce qui est nouveau crie que c\\\'est la fin.En attendant, explosons-nous de joie et d\\\'allégresse pendant ces fêtes de merde que je déteste.J\\\'ai vu ce matin, à la télé, un truc qui m\\\'a tellement horrifié que je ne peux même pas en parler, j\\\'ai fermé mes yeux, mes oreilles, tous mes sens tellement c\\\'était horrible.Il s\\\'agissait de fourrure.Et puis après, je me suis dit : "mais alors, tout est pourri ? Mes bottes sont en plastique, donc issues de pétrole, donc c\\\'est pourri ? Le verre que je recycle, soigneusement, est issu de la silice de nombreuses extractions de la terre.... les bijoux de ma mère, en or ou en argent....Plein de questions qui n\\\'ont qu\\\'une seule réponse :Nous sommes trop nombreux.Nous ne vivons pas en adéquation avec la terreNous avons perdu le sens primordial.Mais c\\\'est trop tard.La terre agonise, et tout ce que nous pouvons faire, c\\\'est rien.La terre fut notre école.Nous n\\\'avons rien appris.Trop de dieux différents, que cela soit des dieux d\\\'église ou des dieux de commerce.Nous n\\\'avons pas réussi à nous entendre, à nous comprendre, malgré toute notre FACULTE.En voilà un mot qu\\\'il est beau. La Faculté.Tchi que dalle la faculté de mes c....Bon, j\\\'arrête, je suis énervée.
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S
D'accord avec ton analyse, on ne sait plus quoi acheter, tout est suspect, le consommateur a un vrai pouvoir mais il faut qu'il soit informé, c'est pourquoi ce genre de reportage est précieux. Quand je vois les gens acheter leur perche du Nil, franchement je me dis mais où est-ce qu'ils vivent pour ne pas savoir? ou bien il font semblant de ne pas savoir, mais ça je ne peux pas vraiment y croire pour la majorité. C'est comme la fourrure on croit acheter du lapin et puis c'est du chien ... le mieux c'est de ne pas acheter de fourrure du tout. Mais faut pas se désespérer, il faut voir quand même qu'il y a une prise de conscience même dans dans des pays comme les USA (¨même Scharzie a compris !), et pour peu qu'il y ait encore " 3 ou 4 catastrophes climatiques signées  El Nino, les mentalités peuvent changer assez vite. En attendant les produits labelisés "Equitables" gagnent des parts de marché, même qu'on les trouve chez Auchan ! et le textile équitable commence à apparaître. Donc, ça vient !
G
Je n'ai pas vu ce documentaire, mais j'en ai beaucoup entendu parlé, il y a eu de multiples articles dans les journaux à son propos...C'est un bon exemple pour expliquer la mondialisation.  Y'a des gens qui adorent faire leurs courses, et bien moi, non. Plus ça va, plus ça devient un vrai casse-tête. Et c'est pas pour la nourriture que c'est le plus compliqué, parce que je vis dans une région où il y a encore beaucoup de petits producteurs qui font les marchés, et pas mal de bio. Mais pour acheter n'importe quoi d'autres qui ne soient pas fabriqués en Chine, par exemple (pays quand même à boycotter, avec ses 300 à 500 condamnés à mort par an, ses ouvrières réduites en esclavage, le paradis du libéralisme, etc.), c'est mission impossible. Que ce soit les vêtements, les jeux vidéos, les ordinateurs, les téléphones portables ou non, tout est "made in china".
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S
Oui il faudrait vivre comme au moyen-âge pour éviter les produits fabriqués par des populations exploitées.